Philosophie

Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /2007 11:08

   Kant disait dans sa Critique de la Faculté de Juger que le véritable acte moral était purement désintéressé. Mais est-il possible de commettre une bonne action sans y chercher un quelconque intérêt ? L'acte pur existe t-il réellement ?
   Bien souvent les gens font le bien pour se faire aimer ; même s'ils ne l'avouent pas, il y a toujours une arrière-pensée : « Commettez une bonne action, et vous ressemblerez à des gens bien. »
La plupart du temps c'est le « paraître » qui prime sur « l'être ».
   Cependant celui qui parvient à agir sans tenir compte de ses propres intérêts, en prenant du recul sur lui-même, sans chercher à paraître, à séduire, celui-là seul agira réellement bien.
Mais ce genre de personne existe-t'-il vraiment ? Sommes-nous capables de vivre et d'agir en nous libérant de notre « ego » ?
   A mon sens, il est rare de trouver des êtres aussi parfaits, il y a toujours une raison qui nous pousse à agir de telle ou telle façon. Le mieux peut-être, serait de savoir analyser ces raisons. Et seulement à partir de ce moment-là, il serait possible d'agir sans être égoïste.
   Celui qui donne n'est donc pas forcement moins égoïste ou égocentrique que les autres. Tant que l'on ne connaît pas les véritables raisons qui poussent un homme à faire le bien, on ignore qui est véritablement cette personne. Non pas qu'il faille trop se méfier des autres (n'interprétez pas mal ma pensée). Je pense surtout qu'il faut se méfier de soi-même, il faut savoir s'analyser, et éviter de nous voir meilleurs que nous sommes. Une fois prise cette distance avec nous-mêmes, commence alors un cheminement intérieur qui je l'espère nous pousse à devenir non pas parfaits, mais véritablement meilleurs.

   L'espoir cette étrange malédiction...

Par Aurélie Lesage - Publié dans : Philosophie
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /2007 17:50

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   Etty Hillesum jeune femme juive de 27ans a rédigé son journal durant la seconde guerre mondiale. Elle continue d'écrire jusqu'à sa déportation à Auschwitz où elle trouvera la mort le 30 novembre 1943.
   Son journal a été édité sous le titre Une vie bouleversée, aux éditions du Seuil. J'avais initialement emprunté ce livre à la bibliothèque. Je vais beaucoup à la bibliothèque, non pas que je ne veuille pas acheter des livres mais j'en ai déjà tellement, que je dois me raisonner ! sinon ma maison serait envahie de milliers d'ouvrages littéraires !
   Pour en revenir à ce journal, je dois dire qu'il a transformé ma vie, ainsi que ma façon d'aborder les choses. Loin d'être moralisatrice, Etty sait de quoi elle parle quand elle évoque la souffrance !
   Son journal va lui permettre de prendre du recul sur elle-même, son refuge sera sa croyance en un Dieu (qu'il soit chrétien, juif, ou musulman peu importe), elle croit ! Elle n'appartient à aucune religion, elle suit son intuition, et aime de toutes ses forces. Certains diront comme Nietzche que c'est la faiblesse qui nous pousse à croire en Dieu, la peur de la mort etc. La foi est une arme contre le suicide, déclamerait-il encore. Personnellement, je ne serais pas aussi cynique ; lire Une vie bouleversée apporte énormément de sérénité, parfois même on se compare à Etty. Sans fausse pudeur, elle parle de sexualité (et à cette époque il était rare qu'une femme parle si librement), d'amour, de liberté...

   Finalement, la question de Dieu n'est pas très importante, le vrai va au-delà de l'image ou de nos conceptions.
   Etty Hillesum était une femme hors du commun, d'une intelligence rare. Et la lecture de son livre nous aide à nous améliorer, car elle nous fait comprendre avec simplicité toute la difficulté qu'il y a à mener une vie où nous donnons plus qu'on ne prend.
C'est un livre que j'achèterai très certainement, et tant pis pour ma bibliothèque qui en contient déjà trop ! Si vous n'avez pas le moral, elle vous le redonne ; alors qu'elle était en train de vivre des évènements tragiques, elle gardait toujours sa joie de vivre ! Et pourtant elle avait bien conscience que les nazis la tueraient tôt ou tard :

«   Regarder la mort en face et l'accepter comme partie intégrante de la vie, c'est élargir cette vie. A l'inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l'accepter, c'est le meilleur moyen de ne garder qu'un pauvre bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Quand je dis, j'ai réglé mes comptes avec la vie, cela veut dire : l'éventualité de la mort est intégrée dans ma vie. En excluant la mort de sa vie, on se prive d'une vie complète, et en l'y accueillant, on élargit et on enrichit sa vie. » 


 

Par Aurélie Lesage - Publié dans : Philosophie
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