Mercredi 1 août 2007
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14:50
Je devais avoir seize ans lorsque j'ai lu pour la première fois « Les Pensées » de Pascal. Je me souviens que j'avais emprunté une vieille édition qui avait appartenue à ma
mère : papier jauni, couverture vert pâle ; le livre avait vieilli, mais les idées contenues dans ce merveilleux ouvrage avaient gardé tout leur sens. La découverte de ce philosophe a été pour
moi une révélation, chaque propos rédigé dans ses pensées me parlait. Il avait une vision si vraie du monde et de l'homme ; comme s'il connaissait véritablement l'être-humain, sans jamais
chercher à l'idéaliser, et à en donner une image faussement positive.
Maintenant je possède les oeuvres complètes de ce grand homme : lettres, oeuvres mathématiques, « Les Provinciales » etc.
Aujourd'hui j'ai voulu feuilleter à nouveau ses « Pensées » et je suis tombée sur cette phrase :
IV ENNUI
77-152 Orgueil.
Curiosité n'est que vanité. Le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler, autrement on ne voyagerait pas sur la mer pour ne jamais rien dire et pour le seul plaisir de voir, sans
espérance d'en jamais communiquer.
Pour résumer sa pensée, je dirai qu'il est bien beau de vouloir apprendre, mais si l'objectif premier est de s'en vanter par la suite alors tout ceci reste vain. Apprendre pour
apprendre reste la plus noble des activités.
Bien sûr il est important de partager son savoir avec autrui, comme le font les « enseignants » par exemple, mais avoir la prétention de croire que l'on sait plus que les
autres, et vouloir leur prouver, n'est que pure vanité.
...
Par Aurélie Lesage
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Jeudi 26 juillet 2007
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19:06
Pardonnez moi à l'avance pour l'absurdité de ce titre. En effet, comment peut-on parler de la naissance du « rien », du « néant », de « l'infini »? Le
« rien » par défaut n'existe pas, et ne peut donc pas naître. En évoquant brièvement cette contradiction, on peut aisément comprendre dans quel état d'esprit pouvaient se trouver les
mathématiciens grecs. Euclide n'avait jamais voulu accepter l'idée du « zéro », celui-ci était considéré comme le vide, le rien, l'inexistant. Il aurait été absurde d'utiliser une telle
notion pour démontrer des théorèmes. Or il ne faut pas oublier qu'à cette époque chez les grecs, science et métaphysique étaient intimement liées. Pour les grecs l'idée même du
« néant » demeurait inconcevable.
Ce sont les babyloniens qui ont introduit l'idée du zéro, néanmoins celui-ci n'était pas encore considéré comme un nombre, il ne servait donc pas encore à calculer. Au IIIe siècle
avant J-C, le « zéro » était employé simplement comme un chiffre afin de marquer une position vide, il n'était qu'un symbole.
C'est en Inde vers le Ve siècle de notre ère que l'on se servit pour la première fois du zéro comme d'un chiffre et d'un nombre (c'est-à-dire qu'on
s'est mis à l'utiliser pour le calcul mathématique). En sanskrit zéro se dit śūnya (çûnya), ce qui signifie « vide », « espace », ou « manquant ». Mais là encore il
ne faut pas oublier que science et métaphysique sont très liées en Inde, et dans la cosmogonie hindoue l'univers s'étend à l'infini ( et l'infini est synonyme de « néant » pour les
hindous), tandis que pour les pythagoriciens par exemple le cosmos est limité, fini. Cela n'est donc pas très surprenant qu'un savant hindou ait réussi à concevoir facilement le zéro comme un
nombre. Car pour un hindou le « rien », le « zéro » n'est pas une absurdité, et il n'est pas contradictoire de se servir de ce concept pour développer de nouveaux
théorèmes.
Dès ce moment le zéro bien plus qu'une notion devient très utile. Avec l'apparition du zéro numérique, les indiens ont inventé l'algèbre. Grâce à ce petit nombre il a été possible de
représenter n'importe quel autre nombre aussi grand soit-il. L'apparition du zéro a permis aux mathématiques et aux sciences de progresser, et de développer d'autres théories, en allant toujours
plus loin, repoussant les limites d'un univers en apparence fini.
Par Aurélie Lesage
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