Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 22:29

200100611Je viens d'achever la lecture du roman de Tennessee Williams intitulé : "Le Printemps romain de Mrs Stone". C'est agréable à lire. L'originalité de l'auteur tient au fait qu'il fait cohabiter des personnages qui ne s'apprécient pas. Ils sont tous narcissiques, écorchés, tournés vers eux-mêmes.

Le roman se lit très rapidement. Le désir est omniprésent. Le livre raconte le désir au féminin, d'une femme de 50 ans pour un jeune homme beaucoup plus jeune qu'elle.
Mrs Stone est une comédienne qui a abandonné la scène depuis la mort de son mari. Pour continuer à se sentir désirable elle se paye des gigolos, surnommés les "machattas" dans le livre. L'histoire se déroule à Rome, l'auteur parle des différences sociales entre les riches américaines et les jeunes italiens qui sont "obligés" de se vendre pour vivre bien.

Le pouvoir de l'argent a tout autant d'importance que le désir sexuel. Finalement, les deux sont liés, pas de sexualité sans argent ! Tennessee Williams, nous dévoile ainsi la fausseté des sentiments, les personnages sont en quête d'amour mais ne le trouve jamais. Ils ne sont jamais satisfaits, quelque-chose d'essentiel manque, la sincérité, peut-être ? Cependant la fin du roman laisse à penser que Mrs Stone parviendra sans doute à combler le vide qui la dévore, sans être contrainte, cette fois-ci, à acheter son amour.

La lecture est fluide, facile, rapide. Néanmoins, il manque un "poil" d'action à l'histoire. Le texte est purement psychologique et social.

Ci-joint la préface :

Elle pouvait s'attendre à être une femme entre deux âges puis une femme âgée. Cela devenait alors une épreuve terrible, par une éclatante matinée de printemps, de se regarder dans une glace de sa chambre avec une sincérité intransigeante qui la préservait de toute vulgarité. Il devenait évident que le visage apparu au centre du miroir avait traversé cette difficile période avec moins de succès que ses organes moteurs. Comme un oiseau puissant, son corps avait franchi d'un coup d'aile assuré l'enchevêtrement des buissons, mais son visage accusait aujourd'hui les fatigues du vol.

Par Aurélie Lesage - Publié dans : Livres
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