Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 09:15

20100307

Note de l'éditeur :

« A trois reprises, Shinamura se retire dans une petite station thermale, au cœur des montagnes, pour y vivre un amour fou en même temps qu'une purification. Chaque image a un sens, l'empire des signes se révèle à la fois net et suggéré. Le spectacle des bois d'érable à l'approche de l'automne désigne à l'homme sa propre fragilité. »

En suspens, cette expression me vient naturellement lorsque je pense à Kawabata, tout reste en suspens dans son livre. Les relations entre les personnages ne sont pas développées, tout est sous-entendu, effleuré, mais jamais l'auteur n'ira définir en profondeur les rapports humains. Tâche impossible, que de comprendre l'Homme dans son entier. Kawabata le sait et au roman psychologique, il préfère la poésie, car seule la poésie caresse l'obscure vérité. L'amour, la mort, l'art, tout n'est que poésie.

Il ne faut pas lire Kawabata dans l'espoir de se laisser emporter par une histoire construite et bien ficelée. Au contraire, rien n'est construit, le hasard comble le vide et des bouts de récits s'assemblent de façon spontanée. Tout n'est que spontanéité dans l'écriture de Kawabata.

On traverse des contrées solitaires d'un Japon mal connu, on voyage, on rêve à des nouveaux paysages, mais on ne ressent rien en pensant aux personnages. Kawabata est un poète, pas un romancier. Il faut lire au Pays de Neige comme un long poème qui ne s'arrête jamais. Alors, parfois on s'ennuie, c'est vrai, on fait une pause dans sa lecture, on reprend le fil, on se laisse à nouveau emporter, on repart, on y retourne. Et l'histoire se tisse à notre rythme. La lecture de Kawabata est un éternel mouvement. Le livre peut être ouvert au hasard, chaque page est une métaphore.

Pays de Neige est à lire sans ordre ni mesure, au risque de se lasser très vite.

 

Par Aurélie Lesage - Publié dans : Litterature
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