Litterature

Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /2010 19:14

SarahKane Manque est l'avant-dernière pièce de théâtre de l'auteur Sarah Kane, parue en 1998. Elle l'a écrite juste avant son suicide. Le texte est violent, dur et très très émouvant. Ça prend aux tripes !

Quatre personnages sont sur scène, ils ne portent pas de nom, juste une lettre : A, B, C et M. Les 4 personnages sont sur scène durant toute la durée de la pièce. Le texte débute par ces mots : « C: Pour moi, tu es morte. ».

L'histoire laisse à penser qu'il y a deux hommes et deux femmes sur scène, mais rien ne le confirme réellement. Les personnages parlent de la mort, de l'amour, du suicide, du viol, de l'inceste... rien n'est épargné.

Manque est une suite de tourments crachés, comme ça, sans logique... Un dégoût de tout et quand le dégoût est là, on crache les mots, on les vomit, ils tombent, on écoute. On ne peut pas faire autrement qu'écouter. Oui oui oui, entendre la douleur, celle qu'on ne veut pas voir, celle qu'on préfère ignorer, Sarah Kane a eu le courage de l'écrire.

Il est vrai, j'entends souvent dire les gens : « positivons ! »... oui... bien entendu, je suis d'accord, mais tout est lié !!! Comment respirer son bonheur, à côté des souffrances... Le bonheur ne se possède pas, il se crée.

Sarah Kane ne croyait pas au bonheur. Et comme on la comprend ! Dans un monde où l'on nous fait croire que le bonheur est de posséder, d'obtenir, de gagner, de vaincre, de vendre, d'acheter... Comment croire au bonheur ? Et pourtant... ... il le faut, pour résister, pour inventer, pour construire des bribes étoilées, des petits bouts de rien qui font un tout.

Par Aurélie Lesage - Publié dans : Litterature
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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /2010 22:29

200100611Je viens d'achever la lecture du roman de Tennessee Williams intitulé : "Le Printemps romain de Mrs Stone". C'est agréable à lire. L'originalité de l'auteur tient au fait qu'il fait cohabiter des personnages qui ne s'apprécient pas. Ils sont tous narcissiques, écorchés, tournés vers eux-mêmes.

Le roman se lit très rapidement. Le désir est omniprésent. Le livre raconte le désir au féminin, d'une femme de 50 ans pour un jeune homme beaucoup plus jeune qu'elle.
Mrs Stone est une comédienne qui a abandonné la scène depuis la mort de son mari. Pour continuer à se sentir désirable elle se paye des gigolos, surnommés les "machattas" dans le livre. L'histoire se déroule à Rome, l'auteur parle des différences sociales entre les riches américaines et les jeunes italiens qui sont "obligés" de se vendre pour vivre bien.

Le pouvoir de l'argent a tout autant d'importance que le désir sexuel. Finalement, les deux sont liés, pas de sexualité sans argent ! Tennessee Williams, nous dévoile ainsi la fausseté des sentiments, les personnages sont en quête d'amour mais ne le trouve jamais. Ils ne sont jamais satisfaits, quelque-chose d'essentiel manque, la sincérité, peut-être ? Cependant la fin du roman laisse à penser que Mrs Stone parviendra sans doute à combler le vide qui la dévore, sans être contrainte, cette fois-ci, à acheter son amour.

La lecture est fluide, facile, rapide. Néanmoins, il manque un "poil" d'action à l'histoire. Le texte est purement psychologique et social.

Ci-joint la préface :

Elle pouvait s'attendre à être une femme entre deux âges puis une femme âgée. Cela devenait alors une épreuve terrible, par une éclatante matinée de printemps, de se regarder dans une glace de sa chambre avec une sincérité intransigeante qui la préservait de toute vulgarité. Il devenait évident que le visage apparu au centre du miroir avait traversé cette difficile période avec moins de succès que ses organes moteurs. Comme un oiseau puissant, son corps avait franchi d'un coup d'aile assuré l'enchevêtrement des buissons, mais son visage accusait aujourd'hui les fatigues du vol.

Par Aurélie Lesage - Publié dans : Litterature
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