Un vieil homme assis sous un arbre regardait son passé. Les images défilaient. Il avait tant aimé, voyagé, donné, sourit aussi, qu'il se sentait bien : heureux d'être en vie, heureux d'être
là.
Il ne regrettait rien. Le temps passait : que pouvait-il y faire ? La nature était ainsi faite. Il avait eu la chance de bien vieillir, alors que d'autres s'étaient éteints dans la
maladie.
Il pouvait aussi regarder son passé, il avait vieilli, tandis que d'autres ne vieillissaient jamais et mouraient avant même d'avoir vécu.
Non, Soléa était serein, sa vie avait été belle.
Avait-elle été dénuée de souffrance ? Certes, non, mais chaque épreuve l'avait fait mûrir.
Au lieu de fermer son cœur, il l'avait laissé grand ouvert, au lieu de parler à la place des autres, il avait appris à écouter, au lieu de lustrer son égo et d'endormir les autres par son savoir,
il s'était tu, car nul savoir n'était réel. Il en avait conscience.
Il laissait parler son âme et les gens l'appréciaient pour ça.
Soléa vivait en Afrique. Il est décédé un soir d'été paisible. Cette nuit-là, l'on put admirer des dizaines d'étoiles filantes dans le ciel.
Sans doute sa façon à lui de dire « au revoir à la terre», pour mieux gagner le Ciel .
Dans son village, les enfants relatèrent les exploits de Soléa, bien des siècles plus tard : il guérissait les gens, il avait sauvé son fils des griffes d'une hyène, il connaissait la vérité, il
était heureux...
Cette petite part de Soléa qui sommeille en nous ne devrait jamais disparaître, qu'elle brille toujours grâce à ce conte.
A.R (contes, roses et légendes, mai 2008)